Faire en sorte qu’un jour l’homme puisse communiquer de manière naturelle avec la machine …
Dimanche 30 Janvier 2011
La science de la sémantique, le lien entre la langue naturelle et le langage artificiel sont des thèmes de recherches sur lesquels Rafael Marin, chercheur au CNRS, travaille depuis 4 ans afin de faire communiquer de manière plus naturelle l’homme et la machine.
Rafael Marin est spécialiste de la sémantique formelle ou computationnelle : « Mes recherches ont pour but de formaliser le langage, comme c’est le cas avec le web sémantique par exemple ».
Depuis 4 ans, il développe ses travaux de recherche au sein de l’Université de Lille 3, laboratoire STL – « Savoirs, textes et langage », une unité de recherche pluridisciplinaire qui réunit des linguistes, philologues, philosophes et historiens des sciences. Cette unité propose une configuration de la recherche rare en France, celle-ci étant souvent cloisonnée par période, discipline ou par langue. « J’analyse le langage pour le traduire en termes logiques. Il est ainsi moins complexe à comprendre que le langage naturel avec lequel nous communiquons entre nous au quotidien. Mes travaux portent sur le développement d’un langage artificiel. Par exemple, lorsque nous évoquons le terme « avocat », celui-ci a deux sens : il est tantôt un fruit, tantôt une profession, selon son contexte. Le langage artificiel a pour but de supprimer ces ambigüités ».
Ses axes de recherche, ainsi que ceux de son équipe, sont basés sur :
- Le lexique
- La phonétique
- La syntaxe sémantique
- L’acquisition du langage des signes
- Le traitement automatique des langues (TAL) et la traduction comme axes transversaux.
Rafael Marin travaille actuellement sur un projet de recherche subventionné par l’ANR (Agence Nationale de Recherche) dont la finalité est d’observer si les noms qui dérivent des verbes héritent des propriétés sémantiques. «Tournage», qui dérive d’un verbe d’action comme «tourner» est très loin de «préoccupation», qui dérive d’un verbe d’état comme «préoccuper».
L’université de Lille 3, le CNRS, et la MESHS (Maison Européenne des Sciences de l’Homme et de la Société) sont également des organismes qui le soutiennent financièrement dans d’autres projets.
Il a connu J’innove en Nord-Pas de Calais à l’occasion du salon Créer en 2008 et est devenu récemment membre du réseau régional des acteurs de l’innovation, et ce pour plusieurs raisons :
- Nouer des relations et partenariats privilégiés avec les entreprises de la région
- Obtenir des informations sur les appels à projets
- Faire connaître ses travaux de recherche à un plus large public
« Il est devenu difficile pour moi d’identifier quels entreprises ou organismes seraient susceptibles d’être intéressés par mes projets. D’où mon intérêt d’intégrer le réseau J’innove en Nord-Pas de Calais qui me permettra de nouer des relations plus facilement ».
Le futur ?
Développer le langage naturel en un langage interprétable par la machine afin de pouvoir communiquer à terme avec celle-ci de manière plus naturelle.
RAFAEL MARIN
CHERCHEUR AU LABORATOIRE STL « SAVOIRS, TEXTES ET LANGAGE »
RAFAEL.MARIN@UNIV-LILLE3.FR



